Le secteur immobilier espagnol traverse une période de contrastes. Alors que les ventes enchaînent six mois de baisses (avec une chute de 12 % en mai et de 4 % en juin, selon les notaires), les prix restent à des sommets. Le logement d'occasion, qui représente plus de 80 % des transactions, a grimpé de 15,6 % en glissement annuel en août, jusqu'à 3 166 euros/m² en moyenne. Cela représente 428 euros de plus qu'il y a un an, selon les données de Fotocasa. Un déséquilibre qui invite à se demander : assistons-nous au pic du marché ou simplement à une pause ?
Madrid : des prix records, mais avec moins de souffle
Dans la capitale, le prix moyen a augmenté de 8,2 % en août, atteignant 6 624 euros/m². Ainsi, un logement type de 80 mètres carrés coûte déjà 529 920 euros. Bien que cela représente un nouveau record historique, le rythme a ralenti par rapport à l'année dernière, où la croissance était de 15,3 %. Autrement dit, l'escalade a été réduite de près de moitié, un signe clair d'essoufflement.
Barcelone : des hausses plus timides et un fossé grandissant
À Barcelone, l'augmentation a été encore plus modérée : 4,2 % en glissement annuel, loin des 9 % enregistrés en 2024. Le mètre carré s'établit à 5 375 euros/m², également à des niveaux records. Un appartement de 80 m² vaut en moyenne 430 000 euros, soit près de 100 000 euros de moins qu'à Madrid. Cette différence n'est pas anodine : l'insécurité juridique et les changements législatifs ont pénalisé le marché catalan, qui suivait auparavant une trajectoire similaire à celle de Madrid.Des signes de changement de cycle
Malgré les différences, les deux capitales pointent dans la même direction : la demande se refroidit. À Madrid, les transactions ont chuté de 8,8 % en juin, avec douze mois consécutifs de baisses. À Barcelone, la chute a été de 4,4 %, cumulant six mois de recul. Selon José García Montalvo, professeur d'économie à l'Université Pompeu Fabra, « les ménages ont atteint la limite de leur capacité de paiement », ce qui oblige les vendeurs à modérer leurs attentes. Montalvo ajoute que Madrid et Barcelone agissent comme un thermomètre pour le reste du pays. « Les hausses se modéreront car les prix sont insoutenables, mais il n'y aura pas de baisses significatives tant que l'économie tiendra », explique-t-il. Le problème de fond reste la pénurie d'offre, qui soutient les prix même avec une demande moindre.
📰 Source de la nouvelle : Expansión
📰 Source de la nouvelle : Expansión